A lire pendant le confinement !

Bibliothécaire, à Villeurbanne, élu CGT à la CCP des agents catégories C, je me retrouve comme beaucoup calfeutré chez moi. Et en ces moment de confinement, les moments où on se retrouve chez soit sont nombreux. La lecture reste un bon passetemps, même en ces temps de fermeture des librairies et des bibliothèques. Plusieurs autres moyens existent pour se procurer aujourd’hui des livres, mais c’est vrai que cela demande une connexion internet et un ordinateur.

Les Bibliothèques de la métropole, celle de LyonVilleurbanneVénissieux ou d’autres, proposent un grand nombre de ressources en ligne. La plupart sont par contre accessibles seulement avec un abonnement à la médiathèque… Si vous, ou vos enfants êtes abonnés n’hésitez pas à vous connecter. Livres numériques, VOD, presse, activités d’éveil, et cours en ligne sont disponibles. Certaines bibliothèques rendent même accessibles leurs ressources accessibles à tous, ou au moins une partie de ces ressources, c’est le cas, par exemple de Retronews, le site d’histoire par la presse de la Bibliothèque National de France.

Des maisons d’édition vous proposent des livres de leurs collections en téléchargement gratuit. C’est le cas des éditions Libertalia, qui propose toute l’année un font militant et très bien fourni.

Des sites spécialisés dans l’actualité du livre ont même essayé de recenser l’ensemble des initiatives allant dans ce sens. C’est le cas du site d’actualité du Livre ActuaLitté qui donne un grand nombre de liens pour aller télécharger gratuitement livres, romans et BD…

Si vous ne pouvez pas vous passer du format papier, et que votre stock de livres à lire s’est épuisé, évitez de commander sur les plateformes de grands distributeurs. Ceux-ci se font épingler depuis le début de la crise du coronavirus pour ne pas respecter les conditions de travail des salariés et les règles sanitaires demandées. Le site internet leslibraires.fr est un site de livraison de livres qui fédère les libraires indépendants, permet de se faire livrer des livres rapidement, même si là aussi je le déconseille, postiers, et salariés des entreprises de livraison doivent pouvoir eux aussi se mettre à l’abri, et pouvoir être confinés. Ce site propose en outre, des e-books à télécharger gratuitement.

D’autres sites existent, comme ebooksgratuits qui propose beaucoup de livres et informent à chaque fois si le livre est libre de droit dans le pays ou non. N’hésitez pas à chercher, pas mal de choses sont disponibles.

Pour vous aider à choisir, je vous propose quelques idées de lecture :

Pour s’évader de chez soi, rien de mieux que l’un des plus grands romanciers d’aventure qui ai vécu. Je vous conseille de vous pencher sut les écrits de Jack London. Écrivain socialiste, mort à 40 ans d’une vie digne d’un roman. Nouvelles et romans, aventure, science-fiction… il a eu une production très importante. Je vous conseille particulièrement « Le talon de fer », un roman d’anticipation ou un régime autoritaire écrase une révolution égalitaire, un roman très politique et marxiste. D’une écriture très sophistiquée, ce livre est une pierre angulaire des romans d’anticipation politique. Dans la ligné de « 1984 » de Orwell, de « Le meilleur des mondes » de Huxley ou « Nous » d’Eugène Zamiatine.

« Le loup des mers » : à la suite d’un naufrage, l’auteur est repêché par une goélette armée pour la chasse aux phoques, où sévit un capitaine cynique, d’une brutalité sauvage. Il restera « indomptable et sceptique jusqu’au bout », semant la terreur dans son équipage et son entourage. Récit d’un combat, philosophique et psychologique, entre la vie et la mort.

L’ensemble des écrits de London valent la lecture, mais certains le sont plus que d’autres, comme : « La peste écarlate », « L’appel de la foret », « Le vagabond des étoiles », « Le mexicain », « Construire un feu » ou encore, « Le cabaret de la dernière chance »

Un autre monument de la littérature, qui prend du temps (ça tombe bien, on en a plus que d’habitude) que je vous incite à lire, c’est « Moby Dick » de Hermann Melleville. Cette histoire de chasse à la baleine est aussi celle de la vengeance d’un homme, le Capitaine Achab. Nous allons suivre l’embarquement sur un baleinier d’un marin qui va être le témoin de la volonté de vengeance de son capitaine qui a perdu sa jambe, mangée par un Cachalot, Moby Dick. Beaucoup d’adaptations ont été faites, que ce soit pour la radio ou le cinéma, mais je vous propose celle-ci accompagnée d’un orchestre symphonique.

« Brouillard au pont de Tolbiac » de Léo Malet. Une des meilleures aventures du détective privé Nestor Burma. Un classique du genre. Il fait partie de la collection des nouveaux mystères de Paris, où Burma, « le détective de choc » fait une enquête par arrondissement de Paris. Celle-ci se passe dans le 13ème arrondissent, vers la gare d’Austerlitz, en dehors de l’enquête que je vous laisse découvrir, c’est surtout un formidable roman d’ambiance entre le brouillard, les usines encore dans Paris et les souvenirs de jeunesse de l’auteur. Avec le même héros et du même auteur, je vous conseille aussi « 120 rue de la gare », qui se passe pour bonne partie dans le Lyon occupé de la deuxième guerre mondiale.

« Vers un aube radieuse » de James Lee Burke. Un des premiers romans d’un des plus grands auteurs de roman policier actuel (selon moi…). Dans ce roman écrit en 1970, James Lee Burke raconte l’odyssée d’un jeune homme dans la région la plus pauvre des Appalaches, aux États-Unis, avec en arrière-plan, les luttes meurtrières entre mineurs et patrons, les grèves sanglantes et la contrebande de whisky. Perry Woodson Hatfield James, descendant des célèbres frères James et protagoniste du livre, apprendra la révolte et la haine pour tenter d’échapper à cet enfer. Un chef d’œuvre qu’on pourrait résumer ainsi, « Germinal au pays de Shérif fait-moi peur ». Du même auteur, je vous conseille aussi les aventures de son héro récurent, Dave Robichaux. Robichaux est shérif dans la paroisse de Lafayette en Louisiane, aux États-Unis. Des polars d’ambiance, où l’on ressent la moiteur du climat du Bayou. Une très bonne adaptation au cinéma a été faite d’une des aventures de Robichaux par Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones : « Dans la brume électrique ».

« Antoine Bloyé » de Paul Nizan, Histoire très simple, c’est celle d’un élève consciencieux et intelligent, fils d’un facteur d’Orléans et d’une femme de ménage, il va gravir tous les échelons depuis l’école des arts et métiers d’Angers, jusqu’à chef d’atelier de la Compagnie de chemin de fer. Arrive la Guerre de 14. Les ateliers fabriquent maintenant des obus… On peut décrire ce livre par les mots de l’auteur : « Ce livre raconte la vie d’un homme. Un homme qui a un métier, une femme, des enfants et qui finit par mourir… Antoine Bloyé est un homme qui est constamment rongé par la mort, parce qu’il n’accomplit pas les gestes qui l’annulent. Il n’accomplit rien : il existe comme tout le monde ; comme tous les hommes de la bourgeoisie, il vit d’une manière imaginaire dans un monde de fantômes : les fantômes du devoir, de l’amour, du travail, de l’ambition, du succès. Sa vie n’a pas de sens, pas d’espoir. Il connaît l’angoisse de la mort à cause de ce vide radical.
La mort et la bourgeoisie sont les thèmes principaux de ce livre. Autour d’eux s’ordonne la description d’une époque et de mœurs, à peu près abolies. Le milieu où se déroule le roman est celui des chemins de fer, qui n’est pas moins singulier que celui des marins.
 »

« Trois mille chevaux vapeur » de Antonin Varenne. De la jungle Birmane aux grands espaces de l’Ouest américain, en passant par les faubourgs de Londres et l’Angleterre du 19è siècle, nous suivons donc le périple d’un soldat de l’armée britannique : Le sergent Arthur Bowman. Prisonnier, torturé et mutilé, il est libéré avec une poignée de ses hommes, rescapés du conflit anglo-birman. Tourmenté, cherchant le réconfort dans l’opium et l’alcool dans une Angleterre en proie à une grande sécheresse où règne la misère et la folie, il se voit bientôt soupçonné d’un crime atroce. Ce crime n’est pas sans lui rappeler certaines choses qu’il a vécu en captivité. Il décide donc, autant pour prouver son innocence que pour mettre un terme à une série de crime, de mener l’enquête et de poursuivre celui qu’il soupçonne jusque dans le Nouveau Monde. Du grand roman d’aventure avec comme toile de fond le capitalisme destructeur qui triomphe dans l’Angleterre victorienne.

Benoit Roux

Laisser un commentaire

Vous avez des propositions, des suggestions ou des réaction à apporter ? N'hésitez pas à commenter cet article...

avatar
1000