Comment vivait-on sa fin de vie avant 1945 ?

Avant la fin de la seconde guerre mondiale et la mise en place de la sécurité sociale, la maladie, l’accident de travail, l’infirmité et la vieillesse avaient comme conséquence la dépendance de la famille, la vie dans des hospices ou la mendicité… Il est difficile d’imaginer la misère dans laquelle se retrouvaient les hommes et les femmes privés du revenu d’un travail…
En 1850, le Parlement acte la création de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse. Elle est destinée à recueillir les cotisations volontaires des salariés pour les capitaliser sous forme d’emprunt d’Etat. La faiblesse des salaires est telle que seules 350 000 personnes cotisent à la veille de la première guerre mondiale sur un total d’environ 20 millions de salariés actifs. En fait les dépôts sont majoritairement le fait d’une clientèle bourgeoise ayant trouvé un moyen de spéculation à haut rendement garanti par l’Etat.
Au cours du 19è siècle et début du 20è siècle, sont mis en place des systèmes de retraite pour quelques corporations : les employés d’Etat en 1853, les mineurs en 1894, les cheminots en 1910.
Au tournant du 20è siècle, le débat est virulent et les syndicalistes s’interrogent. Qui doit organiser les caisses de retraites : l’Etat ou les syndicats ? Comment doivent-elles être financées, par une cotisation ouvrière, une cotisation patronale ou une cotisation mixte ? Retraite par capitalisation ou par répartition ? Il s’agit de questions qui ne manquent pas d’actualité…
Une loi de 1928 corrigée en 1930 instaure un système de « capitalisation viagère » dans lequel chaque assuré dispose d’un compte individuel alimenté par ses cotisations. Après 30 annuités, il perçoit une rente versée à partir de 60 ans. Ce système s’impose pour les salariés dont la rémunération annuelle ne dépasse pas un certain plafond.
On observe au courant des années 1930 la progression de l’idée que la retraite devrait être un droit pour chaque travailleur.
La lutte contre l’occupant nazi amène les forces de résistance à s’unir au sein du Conseil National de la Résistance (CNR). Celui-ci élabore dans la clandestinité un programme à mettre en oeuvre à la Libération.
Celui-ci prévoyait « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ». L’organisation des retraites sera intégrée au système français de sécurité sociale dont la création est confiée en novembre 1944 à Pierre Laroque qui avait rejoint Londres en avril 1943 et qui est nommé « directeur des assurances sociales et de la mutualité ». Ambroise Croizat, communiste, ministre (du 21 novembre 1945 au 4 mai 1947) du travail puis du travail et de la santé, dirige à ce titre la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraites, allocations familiales.
Le système de protection sociale mis en place en 1945 est basé sur le principe de répartition (les cotisations des salariés d’aujourd’hui paient les prestations des bénéficiaires d’aujourd’hui sans passer par les circuits financiers spéculatifs). Ce sont les cotisations sur la base des salaires qui financent le système.
Pour la suite de l’histoire de la retraite ici.

Laisser un commentaire

Vous avez des propositions, des suggestions ou des réaction à apporter ? N'hésitez pas à commenter cet article...

avatar
1000