Covid-19, mon ami ?

Je suis de nature parano, donc il m’a tout de suite fait flipper.

Et j’enrageais de voir mes collègues et/ou camarades le prendre à la légère.

Et puis le 17 mars, mon responsable nous a dit qu’à midi on devait tous quitter le service, au minimum pour 2 semaines.

On nous tiendrait au courant par téléphone, courriel ou whatsapp.

A midi j’ai fait le tour des bureaux pour dire au revoir à mes collègues.

Je ne savais pas dans combien de temps on allait se revoir.

Je ne savais même pas si j’allais tous les revoir.

Alors que je leur disais, sincèrement, de prendre soin d’eux, je sentais bien que les larmes commençaient à me monter aux yeux.

Et puis le confinement a commencé.

Par les différents moyens de communication, j’ai appris que des collègues, déjà télétravailleurs depuis plusieurs mois, jugaient que les confinés sans travail se la coulaient douce.

Certes, je me lève à midi.

Mais c’est parce que la nuit je ne dors guère.

Car non seulement je suis parano, mais en plus je suis insomniaque.

Cette période anxiogène n’arrange rien évidemment.

Donc je bois plus pour calmer mes crises d’angoisse de fin d’après-midi.

Avec mon traitement contre la dépression chronique, c’est déconseillé, en théorie.

Pour ne pas perdre pied, je propose alors de télétravailler, d’autant plus que je sais que certains n’arrivent pas à concilier le télétravail avec l’obligation de garder leurs enfants, et sont au bord du pétage de plombs.

Donc le 30 mars, je suis allée chercher mon ordinateur à la CPAM, et j’ai commencé le télétravail le lendemain.

Sur mon clavier, mes doigts sont fébriles, j’ai peur de mal faire, comme si j’étais débutante.

Le jour suivant, je n’ai pu travailler que le matin, car le réseau informatique était saturé.

Je n’ai jamais pu retravailler depuis, pour les mêmes raisons.

Et là je découvre que certains télétravailleurs « historiques » ne comprennent pas l’utilité de nous avoir permis de travailler aussi chez nous.

Je sais très bien que j’ai des collègues pour qui la solidarité est une idée dépassée, mais avec ce que nous vivons actuellement, ça me révolte encore plus.

Alors je m’occupe comme je peux.

Et je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux.

Trop sans doute.

Et sans doute plus que d’habitude, je suis attentive à ce que mes camarades partagent.

Quand je découvre dans une pétition de mon organisation syndicale le nom de Raoult, je suis outrée, car la communauté scientifique est très partagée sur sa solution miracle.

Et je suis encore plus choquée quand je découvre une vidéo de Russia Today (RT), relayée par mes camarades, dans laquelle un autre camarade est interviewé.

J’ai l’impression désagréable que mes camarades baissent la garde pendant cette période inédite et angoissante.

Comme si les thèses complotisme et le combat contre l’extrême droite devenaient secondaires.

Alors que c’est précisément pendant des périodes troubles que les plus grands charlatans, mégalomanes et dictateurs vont essayer de tirer profit de la situation.

En résumé, j’ai peur, je suis en colère, et je suis dépitée.

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Aurelio
Aurelio
5 mois plus tôt

Je suis d’accord avdc toi sauf sur
« je suis encore plus choquée quand je découvre une vidéo de Russia Today (RT), relayée par mes camarades, dans laquelle un autre camarade est interviewé »
Cela a beau être la chaîne de Poutine refuserais-tu une interview sur BFM TV de TF1 ou pire Itele la chaîne de Zemmour ?
Malheureusement aujourd’hui RT seulement nous donne la parole doit-on refuser la parole dans un média ?
Comment faire connaître nos combats si nous n’avons pas de relais médiatiques…