La retraite… état des lieux, choix et enjeu de société

Malgré toutes les réformes régressives prises par les gouvernements précédents en 1987, 1993, 2003, 2007, 2010, 2013, la France, (ce qui peut surprendre) a toujours le meilleur système de retraite du monde. Ce n’est pas la CGT qui le dit mais tous les organismes internationaux dont la banque mondiale, le FMI, l’OCDE. Système fondé sur la répartition et la solidarité, non soumis aux aléas des marchés financiers. A bien des égards le système de protection sociale français fait exception.
Toutes ces réformes n’ont eu qu’un seul objectif, repousser l’âge de départ en retraite et diminuer le montant des pensions.
Chaque fois le même discours nous a été “vendu“ : plus de transparence et de lisibilité, plus d’équité, maintenir l’équilibre financier des retraites.
Qu’en est-il réellement ? Calcul de retraite de plus en plus compliqué et incompréhensible, remise en cause de certains avantages, notamment pour les femmes, de plus en plus de cadeaux faits au patronat pour l’exonérer des cotisations sociales et mettre en difficulté financière les régimes. Arguments dont se sert entre autres le gouvernement pour justifier une nouvelle réforme.
S’il existe bien 42 régimes de retraite de base et de retraite complémentaire, tous ont été impactés par toutes les réformes. Ce qui fait qu’à ce jour le montant des retraites, entre salariés du secteur privé et ceux de la fonction publique, est comparable pour un même salaire, à cotisation égale et au même nombre de trimestres cotisés.
Cependant pour justifier ses réformes, les fonctionnaires ont toujours été pris pour cible, accusés honteusement d’être des privilégiés.
Sans être exhaustif, pour bien comprendre, quelques explications:
Les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers cotisent à la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales).
Leur retraite est calculée sur le dernier salaire mensuel indiciaire, hors primes, détenu pendant les 6 derniers mois d’activité. Pas de régime complémentaire. Le montant de la retraite ne peut être supérieur à 75 % du salaire indiciaire.
Les salariés du secteur privé et les non titulaires de la fonction publique cotisent au régime général de la sécurité sociale sur la totalité de leur salaire et à un régime complémentaire

Leur retraite est calculée sur la moyenne des salaires des 25 meilleures années (10 meilleures avant la réforme Balladur). Le montant de la retraite ne peut être supérieur à 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale + retraite complémentaire calculée par points.
Si les calculs sont différents les fonctionnaires sont loin d’être privilégiés.
La méthode de ces réformes, dite paramétrique, a été l’augmentation du nombre de trimestres pour avoir une retraite à taux plein en fonction de l’année de naissance, instaurer une décote, repousser l’âge de départ de 60 à 62 ans.
Dans la fonction publique, avant 2003 pour une retraite complète il fallait avoir cotisé 37 ans ½ soit 150 trimestres.
A raison de 2 % par an le calcul était simple 37.5 x 2 % = 75 % du dernier salaire indiciaire.
Actuellement il faut avoir cotisé 41 ans et 3 trimestres, soit 4 ans et 1 trimestre de plus pour aller progressivement à 43 ans, soit 5 ans ½ de plus pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
Une décote de 1,25 % par trimestre manquant au moment du départ en retraite soit 5 % par année est appliquée sur le montant de la pension.
Malgré tous ces reculs notre système actuel par répartition permet encore, entre autres, de mutualiser les risques tout au long d’une vie de travail, bas salaire, chômage, maladie handicap, maternité, pension de réversion.
Encore trop généreux trop coûteux.
Avec toujours le même vocable, un régime plus juste, plus de transparence, Macron veut imposer une nouvelle réforme universelle par points. Cette fois changement total de système ; réforme dite systémique. Sous une présentation séduisante, 1 € cotisé donnerait les mêmes droits. En réalité se cache une vérité tout autre.
Accélérer la baisse des pensions pour répondre aux exigences européennes de diminuer la part du PIB actuellement consacré aux retraites.

Répondre à l’exigence du patronat de toujours réduire la part des cotisations patronales.
Nouvelle réforme, même objectif en pire. Tous perdants !
Le calcul de la retraite ne se fera plus sur le dernier salaire pour les fonctionnaires ou le 25 meilleures années pour les salariés du privé mais sur la totalité des années travaillées.
Après bien des tergiversations et couacs des membres du gouvernement l’âge légal resterait toujours fixé à 62 ans mais une nouvelle idée a germé : l’âge pivot 64 ans pour avoir la retraite à taux plein, nouvelle méthode d’enfumage pour repousser l’âge de départ sans l’avouer et diminuer le montant des retraites.
Attention : taux plein ne veut pas dire le maximum de retraite mais simplement une retraite sans décote.
En fait, quel que soit le nombre de points acquis, celles et ceux qui partiraient en retraite à 62 ans se verraient appliquer une forte décote pendant 2 ans. Après 64 ans une surcote serait appliquée pour inciter à repousser encore l’âge de la retraite.

Le projet de ce nouveau système prévoit de bloquer les cotisations à leur niveau actuel et qu’il n’y ait pas de possibilité de les augmenter. Il repose donc sur un principe de cotisations définies, les prestations devenant la variable d’ajustement, donc la baisse des pensions.
La valeur du point sera adapté à la conjoncture économique, démographique et de l’espérance de vie.
Le niveau de la pension sera déconnecté du salaire. Il devient une variable d’ajustement économique.
Le montant de la pension ne pourra être connu qu’un an avant le départ en retraite.
Le projet du gouvernement est bien de détruire notre système de retraite.
Pourtant la France est toujours un pays riche et les salariés n’ont jamais été aussi productifs mais les gains de productivité vont dans la poche des actionnaires .
La CGT a des propositions pour garantir une bonne retraite pour tous avec le maintien et l’amélioration des solidarités.

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