la vieillesse une maladie contagieuse

Je ne pensais pas témoigner à nouveau. J’avais évoqué un peu le virus, l’Hôtel Dieu. Je voyais les choses avec un regard politique, dogmatique, loin des réelles difficultés des agents sur le terrain, mais surtout très loin des personnes âgées.

Mercredi j’ai bouclé ma première semaine dans la résidence et ce ne sont pas les conditions de travail qui m’interpellent le plus. Il me semble que le nécessaire a été mis en place, par le CCAS et la ville.

Non, ce qui me préoccupe ce sont les usagers de ces maisons et j’ai la chance d’être affecté dans une maison où personne n’est dépendant, où il existe un petit espace vert pour pouvoir prendre l’air.

Je ne sais pas si c’est au contact des résidents que j’apprends à connaître ou s’il s’agit du confinement, ou les deux peut être, mais il me semble que le nombre de personnes dépressives est en augmentation.

Je le redis fortement, l’équipe fait tout pour être au plus proche des pensionnaires. J’ai le sentiment d’avoir en permanence que les résidents ont une épée de Damoclès au dessus de la tête concernant la maladie et la mort, d’autant qu’un cas de Coronavirus a été détecté dans l’établissement.

L’éloignement social, notamment au moment des repas, rend difficile pour certains leur alimentation. On sait tous que « casser la croûte » est un moment privilégié, convivial qui permet d’échanger. Seul devant BFM et TF1 qui rabâche à longueur de journée de mauvaises nouvelles, n’arrange rien au moral et accentue les peurs. Il ne se passe pas un jour sans pleurs, sans moments dépressifs, ou envie de « partir ».

Les liens que certains ont encore avec leur proche permettent de tenir. Mais chaque jour ils se relâchent de plus en plus. Certains travaillent ou télé-travaillent, d’autres s’occupent des gosses, voire les deux. Le courrier, qui avec le téléphone, est leur seul lien avec l’extérieur n’est pas distribué tous les jours. C’est très compréhensif mais cette situation complique la situation. Beaucoup de résidents attendent impatiemment les jours de passage du facteur et font le « pied de grue » devant leur boîte aux lettres.

Aujourd’hui, pour mettre un peu de vie, nous avons fabriqué pour nos anciens des petits cornets de papier et ajouté quelques chocolats offerts par une association. Cela nous a autorisé à sonner à toutes les portes pour remettre ce petit présent. Demain ce sera la fabrication de gâteaux.

Cependant il faut aussi consacrer du temps à la désinfection, au nettoyage, au gardiennage, à faire vivre ce lieu dans les meilleures conditions possibles. Mais plus les résidents ont peur moins ils ouvrent leur porte, plus ils sentent isolés, plus ils dépriment. C’est un cercle vicieux.

Les résidents ne seront peut être pas emportés par la maladie, mais d’ennuis, de dépression, du manque de relations sociales. Et je n’ose pas imaginer les personnes isolées chez elles ou en EHPAD.

IL NE FAIT PAS BON VIEILLIR … SURTOUT EN CES TEMPS TROUBLES !

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