Lettre d’Anas l’étudiant Lyonnais a tenté de s’immoler

Le vendredi 8 novembre en début d’après-midi, un camarade de Solidaires étudiant Lyon a tenté de s’immoler par le feu devant le bâtiment du CROUS à Lyon. Par cet acte désespéré et politique, il a voulu alerter sur ses conditions précaires d’étudiant redoublant, privé de bourse, dans un système universitaire toujours plus libéralisé.

Il aurait pu être notre enfant, nos pensées vont d’abord aux proches de ce jeune étudiant, quelle souffrance doivent-ils endurer.

Voici le message envoyé par cet étudiant

« Bonjour,

Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable, si je vise donc la bâtiment du CROUS à LYON, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.

Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais 450€/mois,est ce suffisant pour vivre ?

J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?

Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération syndicats au­jourd’hui, avec le salaire étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.

Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incer­titudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et créer, et du libéralisme qui crée des inégalités.

J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditoria­listes d’avoir créé des peurs plus que secondaires

Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lut­ter pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la secu.

Et désolé pour l’épreuve que c’est

Au revoir »

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