Manifestation pour les 100 ans de l’OIT

Lundi 17 juin 2019, à 8h, nous sommes 3 représentants de la ville de Lyon à re­joindre 120 camarades de tout le dépar­tement du Rhône, place de Francfort à la Part Dieu, où nous attendent 2 cars affré­tés par l’Union Départementale (UD).

Direction : Genève en Suisse, pour par­ticiper à la manifestation mondiale à l’occasion des 100 ans de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Car c’est à Genève que se trouve le siège social de L’OIT, fondée en 1919 (au lendemain de la 1ère guerre mondiale) avec un principe: «pas de paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs» et qui devient en 1946 la première agence spécialisée de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’OIT, qui réunit des re­présentants de gouvernements, des em­ployeurs et des travailleurs de 187 états membres, a pour missions de promou­voir les droits du travail, d’encourager la création d’emplois décents, de dévelop­per la protection sociale et de renforcer le dialogue social dans le domaine du travail.

Vers 11h30, nous débarquons à Genève en même temps que 80 camarades che­minots du Rhône, arrivés par train. S’y trouvent déjà des dizaines de milliers de manifestants, beaucoup venus des 4 coins de la France et arborant les couleurs de la CGT (Bourgogne-Franche-Comté, Jura, Ardèche, Ain, Yvelines, salariés de Carre­four, de PSA Sochaux, etc….). D’autres mi­litants d’autres pays sont présents aussi : Afrique du Sud, Israël, Iran, Allemagne, Nigeria, Italie, Russie, Algérie, Mexique … On se salue, on fait connaissance, on prend des photos, on s’échange nos coor­données, on écoute les explications sur les spécificités des revendications des militants étrangers …Cette composition diverse et mondiale nous réconforte et réchauffe nos coeurs.

Là, au bord du lac Léman, non loin du siège de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), sous un soleil écla­tant et une température idyllique, toutes les conditions sont réunies pour faire de cette mobilisation une réussite. Les dra­peaux flottent au vent, les banderoles re­prennent nos slogans: «à la reconquête de l’’OIT», «pour la défense du droit de grève et des libertés syndicales», «pour une norme contraignante contre les vio­lences et le harcèlement sur le lieu de travail», «En France, en Europe et dans le monde, tous ensemble pour le progrès social et les libertés». Mots d’ordre re­pris par les centaines de personnels des Nations Unies, présents dans le cortège et en lutte depuis plusieurs mois pour défendre leurs conditions de travail et leurs salaires.

A midi, le cortège démarre, porté par les chants de la foule et surtout par les discours enflammés et enragés de Jacky qui, tenant le micro tout le long du par­cours, nous exhorte à ralentir notre élan par des «doucement, camarades, lente­ment, on est en Suisse !» Sur le toit du camion de l’UD, même le ballon au logo de la CGT, semble déchaîné et n’en fait qu’à sa tête ! Nous défilons sur l’avenue de France, passons devant le Haut-Com­missariat des Nations Unies pour les Ré­fugiés (UNHCR); saluons sur notre pas­sage les Genevois dans la rue, dans les écoles, dans le tramway, penchés aux fe­nêtres de leurs appartements ou de leurs bureaux … Si beaucoup de personnes nous sourient. En retour, quelques-uns s’énervent au volant de leur bolide stop­pé par les agents de police !

Vers 13h30, nous arrivons devant le Palais des Nations Unies. C’est là, sur la place des Nations, que se tient le meeting de la manifestation. Plusieurs représen­tants syndicaux et délégués à la Confé­dération Syndicale Internationale (CSI) prennent la parole, parmi lesquels Ber­nard THIBAULT, ancien secrétaire géné­ral de la CGT et qui est le représentant de la France au bureau de l’OIT. Dans leur discours, tous rappellent la nécessité de répondre à l’urgence sociale qui s’ex­prime partout dans le monde et insistent plus particulièrement sur la lutte contre les violences faites aux femmes au tra­vail. En effet, si une convention de l’OIT allant dans ce sens a été adoptée par la majorité de ces membres, il reste encore à la faire ratifier par un maximum de pays.

A 15h, c’est fatigués mais heureux et sa­tisfaits que nous remontons dans nos cars pour un voyage de 3h jusqu’à Lyon…

Laisser un commentaire

Vous avez des propositions, des suggestions ou des réaction à apporter ? N'hésitez pas à commenter cet article...

avatar
1000