Mes début au CCAS de la ville de LYON

C’est avec une grande appréhension que je me suis rendu dans une résidence de personnes âgées de la ville de Lyon ce matin.

Non pas par peur de la maladie. Je pense encore ne pas avoir trop pris la mesure du virus comme beaucoup de citoyens, mais plutôt par crainte des hôpitaux et de l’idée que j’avais d’une résidence. Tout s’est avéré faux.

Il faut dire que je ne suis pas du tout du métier. J’occupe un emploi permanent au syndicat CGT. Nous sommes plusieurs, depuis deux semaines, à nous être portés volontaires pour permettre la continuité du service public et aider nos collègues fatigués et débordés du CCAS.

Avant d’être permanent j’étais régisseur de salles de spectacle. Je m’occupais de la sécurité incendie des salles municipales de la ville, des salles de 200 à 2000 places, réparties dans toute la vile.

C’est donc avec mon expérience de travailleur du spectacle que je fais mes premiers pas dans un tout nouveau domaine.

A mon arrivée un « Besoin occasionnel » (BO) est là pour m’accueillir. Plus de directrice, ni d’adjointe. Elles sont malades. Le service fonctionne tant bien que mal.

J’ai donc été reçu par un agent plus expérimenté que moi (étudiante en médecine). Ce n’était pas sa première intervention dans les résidences du CCAS. Bref, j’ai eu droit à ma petite dotation de matériel indispensable : un masque pour un jour, des gants (heureusement plusieurs paires). Tout juste avec mon arrivée la résidence reçoit des masques, des charlottes, et des tenues. Cependant charlottes, tenues, lunettes et la fameux FFP2 ne peuvent utilisés qu’en cas de contacts avec un résident en détresse.

Ici, deux résidents sont atteints par le virus et sont actuellement hospitalisés. Conséquences des relevés de température sont fait à plusieurs moment dans la journée auprès des personnes soupçonnées d’avoir été en contacts avec les malades. Malheureusement le thermomètre laser n’est pas fiable. Il peut donner des résultats variant d’un degré pour une température prise dans un intervalle de quelques minutes pour la même personne.C’est aussi avec ce matériel que nous prenons notre température à l’arrivée, comme au départ. Il ne faudrait pas que les agents venus en renfort soient le cheval de Troie de la maladie.

Quant au travail que je viens de découvrir il consiste dans l’entretien des locaux. Le nettoyage des points de contacts, des boutons, des rampes. En bref il faut maintenir l’hygiène de base et éliminer le maximum de bactéries, de virus. C’est aussi maintenir le lien social avec les résidents qui sont invités à rester dans leur logement. Les salles collectives sont fermées. Nous nous occupons de la distribution des repas qui se fait dans chaque chambre.

Pour finir je reviendrai sur mes doutes. Certains résidents sont terrifiés par le contexte, les infos en continu. Le lien social disparaît quasiment et ils restent devant la télé. Notre boulot consiste donc aussi à les rassurer même s’il est vrai qu’il devrait y avoir de quoi se faire du soucis car, lorsque le capital, dont le seul objectif est de faire des bénéfices, préfère tirer un trait sur leur profit soit disant pour préserver notre santé. C’est louche ! Les guerres ne sont rien d’autre que le sacrifice de la jeunesse d’un pays au profit de certain. L’hôpital public mal en point depuis longtemps ou le capital n’a pas hésité à sacrifier la santé de tous avec l’objectif récupérer l’argent administré par la sécu qui échappe aux grands groupes. Même la ville de LYON, contrainte par des règles budgétaires, quel a elle même voulu, a fait des choix financiers, notamment la fermeture de résidences, des bains municipaux et encore un internat unique en France.

Notons aussi que notre futur ex-maire a préféré transformer un hôpital accueillant autrefois les indigents, en hôtel de luxe et en temple du grand capital, limitant une fois de plus le nombre de lits dans les hôpitaux. On peut clairement et décemment se poser la question : quel est aux yeux du capital, le prix d’une vie humaine ?

Voilà de quoi continuer à prendre conscience des potentiels dégâts que pourraient engendrer cette maladie.

Comme le disait si bien Marx « Le capital a horreur de l’absence de profits. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste, à 50% il est téméraire, à 100% il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300% il ne recule devant aucun crime. »

Voilà bien des raisons de tout mettre en œuvre pour que le virus ne se propage pas et que très vite la vie reprenne ses droits !!!!!

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