Renfort au CCAS de la ville de LYON jour 4

Jour 4 vendredi 03 avril

J’arrive un peu avant 8 heures, la directrice est déjà là. Le matin c’est la course. Je lui dis bonjour et je lis sur son visage qu’elle est contente de me voir, je vais vite comprendre pourquoi.

Une alerte a sonné et un résident est tombé il faut aller le relever et elle ne peut y arriver seule.

Je monte avec elle au 3ème étage. Là nous trouvons un senior gisant à plat ventre à côté de son déambulateur.

La directrice récupère une chaise et m’explique la technique pour relever une personne âgée. J’applique les consignes, nous soulevons ensemble le résident et l’asseyons sur sa chaise.

La directrice me regarde et me demande si ça va et si je ne me suis pas fait mal. Je lui réponds que moi ça va mais que j’ai peur de mal m’y prendre et de faire mal aux personnes âgées. Elle me rassure et me dit que je me suis bien débrouillé. Le résident récupère son déambulateur et se lève. Nous lui demandons si ça va ? La réponse est incompréhensible,c’est une espèce de grognement qui sort de sa bouche (il me semble avoir entendu des remerciements) et il repart, direction l’ascenseur.

La journée démarre sur les chapeaux de roue. Après cette aventure je repars accomplir mes missions de désinfection. Je fais tous les étages. À midi nous déjeunons tous ensemble. L’équipe s’inquiète pour le week-end, car certains résidents sont vraiment mal en point. Pour l’après-midi ma mission consiste à laver et à désinfecter les escaliers. Je me trouve un peu seul dans ces escaliers. J’ai le temps de réfléchir et ma casquette syndicale reprend bien vite le dessus. Je me souviens de ces nombreuses réunions avec les directeurs administratifs du CCAS . Je pense à ces cadres installés dans leurs bureaux, bien loin du terrain et qui décident à la place des agents. « Le travail prescrit et le travail réel » je suis en plein dedans. Maintenant, je sais que je serai armé et que j’aurai les arguments pour faire entendre la parole des agents.

La colère s’installe en moi alors que je me souviens des résidences , des bains douches, des restaurants sociaux et des internat fermés par notre maire dans le seul but de réaliser des économies sur le dos des plus démunis. Je pense aussi à certains cadres qui méprisent les agents de terrain.

Je n’oublierai pas ; ni oubli ni pardon. Les comptes seront réglés en temps voulu…

Je termine ma journée en disant au revoir et bon week-end aux résidents présents. Ils me demandent quand je reviens. Je leur réponds que je serai là lundi.

Je pars content d’être en week-end mais je garde un sentiment de culpabilité : je me demande comment va se passer ce week-end pour nos anciens.

Laisser un commentaire

Vous avez des propositions, des suggestions ou des réaction à apporter ? N'hésitez pas à commenter cet article...

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments