Réponse a Madame Madeleine, élue à la Mairie du 9ème arrondissement de LYON

Lors d’un envoi massif de tracts par mail, madame Christelle Madeleine, conseillère municipale du 9ème arrondissement de LYON, membre du groupe politique dit des indépendants alors qu’elle était candidate aux élections municipales derrière le logo UDI-UMP, nous a fait parvenir ses réflexions quant à la véracité de notre tract.
Elle nous dit :

« …Il faut un minimum d’intelligence pour comprendre que si la retraite ne fait pas l’objet d’une réforme, il n’y en aura plus. Que les régimes spéciaux doivent être modifiés car le charbon dans les trains c’est fini depuis 30 ans …
Inutile de me transmettre votre propa- gande, ce n’est pas parce que je suis dans l’opposition que je dois forcément être contre une réforme qui me semble juste et indispensable …
P.S: C’est le monde des bisounours, il est drôlement sympa votre employeur, car personnellement je n’utiliserais pas ma messagerie professionnelle pour un appel à la grève , on ne vous l’a jamais dit …. peut être ….. mais il y avait quelqu’un dans Casimir … »
Très chère Madame nous ne pouvons rester sans réponse à vos allégations. Dans le Monde du 18 juin 2014 une ru- brique qui s’appelle « les décodeurs » reprend les fake news dans celle-ci et traite justement de la fameuse prime charbon. Et voilà ce que nous dit ce journal :
« Cette prime n’existe plus depuis les an- nées 70 et la fin des locomotives … à charbon, la dernière à rouler en 1974 laissant la place à ses consœurs roulant ou diesel puis à l’électricité, part ailleurs. Les mécaniciens n’ont jamais touché ces primes. Seuls les conducteurs en ont bénéficié. »

Mais rentrons un peu plus dans le fond politique de votre courrier.
Votre avis sur cette réforme ne nous étonne pas … d’abord Juppé puis Fion vos amis politiques ont toujours voulu s’atta- quer à notre système de retraite solidaire dont le principe issu du CNR est « Cha- cun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » Malgré notre pauvre condition ouvrière nous avons quand même un peu de recul sur cette reforme et le finance- ment des retraites.
Aujourd’hui les retraites des fonction- naires sont à l’équilibre. Elles dépendent d’une caisse qui s’appelle la CNRACL, la Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales. Cette caisse est viable car il y a 1,5 actif pour 1 retraité mais pire cette caisse compense d’autres caisses qui ont plus de difficultés à être à l’équilibre, comme la caisse des artisans, des commerçants, des agriculteurs, du culte … Depuis 1972 la CNRACL a déboursé en compensation 70 milliard d’euros.

Plutôt que d’être dans un rêve type Casimir ou bisounours comme vous pouvez nous le reprocher voilà des solutions pour financer le système de retraite par répartition car à terme c’est cela qui est visé avec l’objectif de passer d’un sys- tème par répartition à un système par ca- pitalisation et dont l’objectif est de mettre la main du capital sur la manne de la sécu qui lui échappe encore …

Nous, nous avons des solutions :
• 5 % d’augmentation du point d’indice, c’est 1 milliard supplémentaire de cotisations retraite,
• l’égalité salariale ce sont 5,5 milliards de plus (l’écart salarial entre hommes et femmes est de 24%),
• la suppression de l’impôt sur la for- tune au début du quinquennat, ce sont 10 milliards d’argent public donnés aux plus riches ces trois dernières années,
• la baisse de l’impôt sur les sociétés et le CICE, ce sont plus de 18 milliards donnés aux entreprises en 2018 et plus de 100 milliards depuis sa création, sans aucune contrepartie sur l’emploi ou les salaires,
• la France est Championne d’Europe de l’évasion fiscale cela représente 60 à 80 milliards d’euros perdus par an.
• la France est Championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires

Malgré ce que vous pouvez penser c’est bel et bien la création de richesses qui importe pour le financement de l’assurance retraite et non le rapport entre le nombre des actifs et des retraités. Delevoye s’est inspiré de la Suède pour sa reforme. Ce pays a vu la mise en place du système par points il y a vingt ans, il n’a toujours pas été digéré. Maciej Lis, économiste à l’OCDE explique que «Le montant de la pension de base garanti a diminué d’un tiers, passant de 34 % à 21 % du salaire moyen, entre 2004 et 2018. »

Il s’agit d’un vrai choix de société. Allons nous laisser les jeunes au chômage pendant que les anciens meurent au travail ?

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