Retraitée de la ville de Vénissieux, toujours dans le combat face au virus

Confinée, enfermée mais néanmoins privilégiée car j’ai mon coin de verdure.

Le printemps fleurit, la nature se moque du virus. Elle a repris ses droits. Chants d’oiseaux, fleurs, soleil, douceur du temps … J’ai l’impression d’être figurante dans un mauvais film catastrophe. La télé diffuse en boucle des infos alarmantes. Le nombre de morts augmente. Le virus, ce gueux, a envahi le monde entier. Tristes jours. Plus de cris joyeux sur les chemins de l’école. Les volets pour la plupart restent clos. Le silence est partout.

Il faut rester chez soi …. Soit !

Malgré tout je ne suis pas angoissée. Je vaque à mes occupations comme à l’ordinaire. Seule contrainte : faire les courses. Prévoir, anticiper. Je ne sais pas faire. Je suis beaucoup plus cigale que fourmi. Mais je m’adapte. Comment faire autrement ?

Avant les consignes proclamées par le gouvernement, avant le 16 mars j’avais renoncé à mon voyage à Venise. Sage précaution. Ah Venise ! Ses canaux, ses ruelles, ses gondoliers, ses palais, son carnaval, ses pigeons. Pas de carnaval. Pas de masques.

Pas de masques ? Si nous en avons besoin pour sortir. J’ai été sollicitée par l’équipe municipale pour élaborer des masques barrières en respectant autant que faire se peut les normes AFNOR. Consignes de fabrication. Consignes d’entretien, de pose. J’ai donné mon humble avis. Faits des masques tests. Les kits sont prêts à être distribués aux couturières bénévoles. Elles sont nombreuses à répondre à l’appel de la mairie. Ça fait chaud au cœur cet élan citoyen, solidaire. Digne des idées portées par la municipalité.

Tout naturellement j’ai pris ma part de travail. Je lave, je repasse, je coupe. Ma machine à coudre qui trône en permanence dans le séjour s’active sous la pression de la pédale. C’est presque joyeux.

Et enfin, à ne pas y croire, me voilà star éphémère d’un jour. Qui l’eut cru à mon âge ? Je passe à la télé pour mettre en avant cette initiative généreuse.

Et je pense à ceux qui restent en première ligne, les petits salaires, les héros du quotidien. A ceux qui œuvrent chaque instant pour la survie de tous. Je les salue. Je les admire. Je les encourage. Je suis avec eux du fond du cœur.

Je pense aussi à ceux qui sont enfermés au cœur d’un immeuble avec des enfants qu’il faut encadrer, occuper, aider aux devoirs.

Je pense aux isolés que plus personne ne peut venir voir. Je pense aux couples en péril. Aux femmes et aux enfants maltraités. Aux sans abris, aux immigrés dans la rue. A tous ceux qui souffrent davantage encore dans ce contexte de crise sanitaire.

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